Le Chef de l'État en visite dans l'espace Kasaï à l'écoute du pays profond
  • lun, 31/08/2026 - 15:35

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1673 | LUNDI 31 AOÛT 2026.

Au lendemain de son discours sur le dialogue dont il confie en priorité au peuple la parole, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a quitté Kinshasa pour se rendre dans l'arrière-pays. Pas n'importe lequel arrière-pays. Il s'est rendu dans le Kasaï Oriental, précisément dans la ville-capitale Mbuji-Mayi, chez lui, son fief biologique, qui lui a donné les 100% des voix exprimées à la dernière présidentielle.

Mbuji-Mayi, 30 août 2026.

Foule immense. Ruelles, rues et avenues de l'ex-capitale mondiale du diamant transformées en fleuve noir.
Ce jour-là, impossible d'engager un véhicule, de bouger pied, à moto...

Arrivé samedi 29 août, à 15:46' locales (14:46' à Kinshasa) à l'Aéroport (International) de Bipemba - du nom de l'une des communes Mbuji-Mayi - sur un tarmac comme on en trouve nulle part sur un aéroport du Congo, députés, sénateurs, ministres, autorités de l'espace kasaïen, professeurs, étudiants, élèves, chefs religieux, chefs coutumiers venus de toutes les provinces de l'espace Kasaï, etc., tous étaient là pour saluer sinon voir, de près ou de loin, qu'importe !

le «Mwanetu», «Mwana Wetu» en langue tshiluba (notre enfant, notre frère, notre semblable).

QUI N'EN SAIT RIEN.
Dans son discours, avec raison, l'évêque du diocèse de Mbuji-Mayi, Mgr Bernard-Emmanuel Kasanda Mulenga ne s'est pas empêché, dimanche 30 août, lors de la séance de dédicace de la Paroisse Universitaire Notre-Dame de l’Espérance (PUNDE) autrefois appelée Paroisse Universitaire Saint-Raphaël, érigée sinon achevée par le très célèbre septième abbé curé Blaise Kanda qui fait le buzz sur les plateformes pour ses célèbres prédications, de prononcer des phrases en tshiluba, signe qu'il s'adressait bien à «notre enfant, notre frère, notre semblable».

L'évêque catholique a vanté l'œuvre réalisée au niveau national par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. «C’est ici pour moi l’occasion de saluer, avec une sincère reconnaissance, les efforts que vous fournissez jour et nuit en faveur du développement de notre pays et de nos provinces».

Des projets structurants (corridor de Lobito, rocade de Kinshasa, axe Kisangani-Beni-Bunia, Kananga-Kalambambuji, Kasumbalesa-Manono, RN1-Ouest, RN2, RN42, projets transfrontaliers avec l’Ouganda, Programme de développement local des 145 territoires, etc).

L'évêque n'a pas oublié l'œuvre grandiose que le Chef de l'État a réalisée dans «sa» province du Kasaï - l'Université de Mbuji-Mayi, la remise en état de la ville-capitale du Kasaï Oriental marquée par « des infrastructures majeures jamais connues », etc. - en rappelant l'existentiel qui doit être porté tant qu'il s'agit d'une urgence pour l’avenir du Grand Kasaï.

« Le Grand Kasaï demeure encore dans l’attente d’une étincelle qui mettra le feu à son potentiel, à savoir l’énergie électrique indispensable dans la réalisation des grands projets structurants ». Il s'agit de l’électricité...

« Tout en saluant les avancées dans la réalisation du grand projet de Katende, les fils et les filles du Grand Kasaï vous demandent respectueusement de considérer la construction de la centrale hydroélectrique de Tubi Tubidi », a déclaré Mgr Bernard-Emmanuel Kasanda Mulenga.

Aussitôt qu'il a atterri samedi à Bipemba, qu'une succession de réunions jusqu'au petit matin. Et le dimanche avant de se rendre à la séance de dédicace, même scénario. Attendu à 15:00' locales, selon certains de ses proches, pour reprendre son vol retour, le Chef de l'État a décollé peu après 19:00'.

Qui s'en plaindra ? Qui n'en sait rien ? Pour ce sixième déplacement dans la ville diamantifère, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est venu avant tout pour écouter le peuple, écouter son peuple.

Peut-on oublier cet agenda d'un Chef de l’État qui atterrit dans sa province - la sienne propre - dès le jour d’après l’annonce le 27 août du Dialogue dont il a déclaré que ces Assises commenceraient par l’écoute du peuple congolais souverain?

Ce « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État », que le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’apprête à formellement et officiellement convoquer par une ordonnance, « se distinguera d’abord », a-t-il déclaré, « par son ancrage territorial : il ne commencera pas à Kinshasa, mais au cœur de nos 26 provinces, de nos territoires et de nos communautés.

Avant les assises nationales, une vaste consultation politique et technique sera organisée dans chaque province. Des forums préliminaires réuniront, au chef-lieu provincial, les populations et les autorités locales, les députés nationaux et les sénateurs élus de la province, les représentants des entités territoriales décentralisées et déconcentrées, les partis et regroupements politiques de la majorité et de l’opposition, la société civile, les autorités coutumières, les confessions religieuses ainsi que les milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques.

Chaque province établira, en toute franchise, son propre diagnostic : les causes de l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires ».

«La consultation associera également les institutions et services publics nationaux, les entreprises et établissements publics, les organisations des femmes, des jeunes, des travailleurs, des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, les entrepreneurs, les agriculteurs, les enseignants, les chercheurs, les artistes, les professionnels de santé, les acteurs de l’économie informelle ainsi que la diaspora congolaise.

Chaque entité consultée formulera ses priorités et ses propositions. L’ensemble de ces contributions sera consolidé dans un document de synthèse nationale, qui constituera le socle des travaux et garantira l’ancrage populaire des assises nationales. Ainsi, les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du Dialogue, mais l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays ».

N’était-il pas normal, mieux, naturel qu’il commença par prendre le pouls lui-même de ce que pense le peuple? Et en même temps chercher le pouvoir des ancêtres et, en même temps, le pouvoir divin, la bénédiction divine.

Dans son discours à la séance de dédicace de cette Paroisse Universitaire Notre-Dame de l’Espérance, l'évêque de Mbuji-Mayi avait bien vu. Il a parlé d'une « visite profondément spirituelle ». L'Église certes, les Ancêtres aussi.
D. DADEI.


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