- jeu, 15/01/2026 - 16:43
La Banque Centrale du Congo, BCC, a entrepris d’atténuer les pressions sur le marché parallèle. Pour ce faire, elle n’hésite pas à intervenir sur le marché des changes.
Elle est en effet intervenue à nouveau lundi 12 janvier sur le marché des changes, en procédant à une vente des devises. Une telle annonce faite à l’avance a un seul but : inciter les opérateurs économiques et le public à poursuivre leurs transactions dans un climat de confiance, selon le site en ligne Enjeux africains
@Enjeuxafricains.
Jeudi 8 janvier, lors d'un point de presse qui a suivi une réunion du Comité de politique monétaire, le gouverneur André Wameso Nkualoloki, appelé familièrement Lolo, s’est voulu rassurant en déclarant que l’institution financière qu’il dirige répondra toujours aux besoins de liquidités en devises émanant des banques commerciales. Il a ajouté que le niveau actuel de réserves de change de la Banque Centrale du Congo permettait de telles interventions.
Deux jours après, on comprend mieux la portée des propos rassurants du « Ngouvou ».
DES TENSIONS.
Cette institution financière venait en fait de procéder le même jeudi 8 janvier à une énième vente des devises aux banques commerciales. Ces dernières ont pu ainsi acheter 50 millions de $US contre des CDF au taux de change de 2040 CDF pour 1 $US.
La banque des banques avait ainsi annoncé une nouvelle intervention sur le marché des changes programmée pour lundi 12 janvier.
Une opération qui vise cependant à désamorcer les tensions observées sur le marché parallèle. Celles-ci sont perceptibles dans beaucoup de quartiers de la capitale Kinshasa, surtout à la périphérie de la capitale où le cours du billet vert atteint 2340 CDF voire 2400 CDF pour 1 $US. D’après la BCC, quelques opérateurs économiques font aussi des anticipations négatives sur le cours de la monnaie nationale et se livrent à la spéculation cambiaire.
La banque centrale entend donc agir efficacement afin de dissuader ceux qui ont ou auront recours à de telles pratiques. D’autant que ses réserves publiques de devises étrangères lui confèrent une capacité d’action robuste et continue sur le marché des changes. Elles lui permettent enfin d’assurer une couverture significative des importations des biens et services.
Il faut rappeler que lors de la dernière réunion du Conseil des ministres - qui fut la soixatnet-quatorzième réunion du Conseil des ministres sous Tshisekedi - tenue le 9 janvier 2026 à la Cité de l'Union Africaine, dans sa communication sur le regard sur les perspectives macroéconomiques du pays, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo « a attiré l’attention du Gouvernement sur l’état de notre conjoncture macroéconomique tel qu’il ressort des données officielles et du cadrage macroéconomique contenu dans la Loi de Finances pour l’exercice 2026 qu’il a promulguée», selon le compte-rendu qui en a été fait par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.
De poursuivre : « Cette situation appelle une vigilance accrue ainsi qu’une action gouvernementale rigoureusement coordonnée. Si une appréciation du Franc Congolais a été observée depuis septembre 2025, le cadrage macroéconomique officiel anticipe néanmoins, à l’horizon fin 2026, un risque de dépréciation de la monnaie nationale», a alerté le Chef de l'Etat qui «a appelé au renforcement de la discipline des finances publiques, a réaffirmé que la rationalisation des dépenses publiques demeure un levier immédiat, crédible et indispensable pour préserver les équilibres macroéconomiques (qui) implique une allocation plus efficiente des ressources, fondée sur l’élimination des dépenses non prioritaires ou insuffisamment justifiées».
Il « a insisté sur la nécessité d’une communication institutionnelle cohérente et responsable en matière de politique macroéconomique, afin de préserver la crédibilité de l’action publique. Dès lors, il a instruit la Première ministre de lui transmettre dans les 15 jours un rapport précis et documenté sur l’état d’avancement effectif du processus de rationnalisation des dépenses publiques, les mesures mises en œuvre et les résultats attendus à court terme», a conclu le porte-parole.
avec AGENCES.





