- lun, 23/03/2026 - 19:05
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1660 | LUNDI 23 MARS 2026.
Selon Le Baromètre Sécuritaire du Kivu, Kivu Security Tracker, KST, projet opéré par Ebuteli, un institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, basé à Kinshasa, documente et cartographie de la violence armée dans les provinces de l’est, Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu, qui s'est donné pour objectif de répertorier et trianguler tous les incidents de morts violentes de civils, d’affrontements, d’enlèvements et de kidnappings contre rançons perpétrés par les acteurs armés, le mois de février 2026 a été marqué par au moins 207 incidents sécuritaires, dont 94 affrontements armés, 29 enlèvements et 84 tueries de civils.
Si ce total mensuel est le plus bas depuis octobre 2025, écrit Le Baromètre, il ne traduit pas pour autant une amélioration de la situation sécuritaire dans les Kivu et l'Ituri.
« D’une part, le mois de février, plus court, enregistre mécaniquement moins d’incidents que les autres. D’autre part, certains actes de guerre qui se sont produits parfois hors de la zone de couverture du projet et sans faire de victime, comme les attaques de drone kamikazes sur l’aéroport de Kisangani n’apparaissent pas dans ces données mais témoignent néanmoins d’une intensification du conflit».
COMBATS AFC/M23/RDF.
L’AFC/M23 et les RDF, Forces de défense rwandaises ont été impliqués dans la majorité des affrontements armés (48 sur 92). Ils se sont notamment concentrés sur le territoire Masisi, au Nord-Kivu avec 28 incidents documentés, soit près d’un tiers du total.
La coalition armée pro-rwandaise a également revendiqué de nouvelles attaques de drone sur l’aéroport de Kisangani, principal centre de commandement des drones des Forces Armées congolaises, FARDC. Ceci n’a pas empêché les FARDC d’intensifier l'usage de drones contre l’AFC/M23, lui infligeant des pertes significatives.
Les Forces Démocratiques Alliées, ADF, ont été auteures de la majorité des homicides (56 civils tués) et des enlèvements perpétrés par des acteurs armés durant la période. Dans l’Ituri, les combattants de la Convention pour la Révolution Populaire, CRP, ont poursuivi leurs actions violentes ciblant désormais des civils, y compris des notables issus de la communauté Hema, qu’ils prétendent protéger. Les combattants de la Coopérative pour le Développement du Congo, Codeco, ont continué à observer une certaine retenue.
Les principales lignes de front entre la coalition gouvernementale et l’AFC-M23/RDF sont demeurées figées et aucune reconfiguration territoriale majeure n’a été enregistrée depuis le retrait des troupes de la rébellion de la ville d’Uvira en janvier. «Ce qui ne signifie pas une accalmie», écrit Le Baromètre. «L’utilisation des vecteurs aériens par toutes les parties au conflit du M23 est de plus en plus fréquente.
Les 1er et 5 février, l'aéroport international de Kisangani-Bangboka, a été cible d’une série d’attaques par drones kamikaze, revendiquée par la rébellion de l’AFC/M23. Elle visait le centre de commandement des drones des FARDC. Ces engins auraient été abattus par les FARDC et leurs alliés sans faire de dégâts.
Le 24 février, les FARDC ont ciblé une maison située dans la ferme de Kishusha près de la cité minière de Rubaya, en territoire de Masisi dans le Nord-Kivu».
Selon plusieurs sources concordantes, « une réunion du commandement militaire de la rébellion s’y tenait. L'attaque de a fait au moins neuf morts, dont le «colonel» Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23. Les affrontements se sont également poursuivis, notamment entre le M23 et les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, FDLR.
Le 1er février, dans le territoire de Rutshuru, au village Chahi, des combattants du M23 en patrouille sont tombés dans une embuscade tendue par des éléments des FDLR. Il pourrait s’agir de représailles suite aux attaques du M23 sur leurs positions survenues au mois de janvier».
ALUNGA MBUWA.





