Elle fait tant peur
  • mar, 21/11/2023 - 14:06

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.

Le Soft International n°1598|lundi 20 NOVEMbre 2023.

 

Ils se tous lancés. Tous. À vingt-six. Beaucoup certainement les plus visibles ou les plus assis matériellement - avaient misé sur une invalidation à la Cour Constitutionnelle voire dès la Centrale Électorale Nationale Indépendante dans l'examen de leurs dossiers. Ce qui les aurait enchantés en leur donnant cette parole qui paie si bien face aux médias, la parole de victimisation. Se sont-ils laissés piéger ? En tout cas, tous ont eu le boulevard incroyablement ouvert

 

L'INFRA-HUMAIN.

Sauf que ce n'est pas une campagne des Communales qui permettrait de faire du porte-à-porte, ni des Législatives provinciales plus faciles ou nationales passables si le candidat postule dans une ville ou, mieux, dans la capitale et dans un espace urbain plus réduit géographiquement.

La présidentielle, elle, se déroule sur le territoire national, celui du pays, la République Démocratique du Congo aux dimensions d'un Continent. Avec ses 2.345.410 km2, le pays est, au plan de son espace territorial, le deuxième plus grand pays du Continent après l'Algérie ; il se positionne en l'espèce à la onzième place au monde ; il est trente-trois fois plus grand que le Benelux ; quatre fois plus que la France ; quatre-vingt fois plus grand que la Belgique ; juste inférieure au quart de la superficie des États-Unis d'Amérique.

Mieux, un pays où il n'y a ni route, ni compagnie aérienne avec des avions de ligne qui permettrait la mobilité.

Comment, dans cet infrahumain, se déplacer à travers le pays et battre campagne ?

Disposer de 69.000 $US et payer sa caution sur un compte du Trésor public voire de 200.000 $US est certainement plus facile quand une personne veut se faire plaisir. Connaître et recruter des agents de campagne dans les principaux coins du pays, mobiliser au moins 10 millions de $US nécessaires pour réaliser des panneaux publicitaires géants, les implanter dans le pays, produire des millions de visuels, affiches et tractes, payer des heures de passages dans les médias, organiser des meetings à travers le pays, payer les déplacements des gens voire des foules, les accueillir, les nourrir, tout cela dans un pays où toute manifestation publique est payante est une autre chose.

Est-ce ce qui explique les rassemblements ininterrompus de ces derniers jours au 10, avenue des Orangers, Commune de la Gombe, à Kinshasa, la résidence du Pasteur Me Théodore Ngoy ou celui de Pretoria, en Afrique du Sud où se réunissaient des délégués du « Groupe de Lubumbashi », à savoir Moïse Katumbi Chapwe, Augustin Matata Ponyo Mapon, Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng auquel s'est joint le médecin Prix Nobel de la Paix 2018 Denis Mukwege qui vient de créer une nouvelle coalition en remplacement de Lamuka.

S'il est vrai que faire un dépôt de 69.000 $US sur un compte bancaire est plus facile, tout indique qu'hormis un petit nombre de personnes, un plus grand nombre de ces candidats est composé de plaisantins qui ne peuvent avoir mis en place une machine de guerre à penser une stratégie ou à se déployer et à mobiliser sur le terrain ou en mesure de penser à une machine de guerre que requiert une campagne électorale.

 

LE MAL AURA ÉTÉ FAIT.

Face à cette implacable évidence, la peur au ventre, ils passent des coups de fil à qui peut répondre, recherchent un regroupement quelconque, inventent ou ressuscitent des cadres de concertation sur le modèle de Genève dans le but de rassembler des forces, de négocier « le Je te tiens, tu me tiens par la barbichette » sans être sûr du résultat.

Ce qui est bien, tout compte fait, est que le pays qui a été contraint à la démocratie qui fait tant désordre, avec mille partis politiques, dix mille églises, vingt mille ONG, etc., ait permis à ces vingt-six candidats Président de se présenter aux Congolais, d’avoir la possibilité de prononcer quelques mots souvent invraisemblables ou incompréhensibles.

Qui s'en plaindrait ? Ce ne sont certainement pas ces Grandes Puissances qui dirigent le monde, qui ont conçu, créé et exécutent ce cafouillis. Les Grandes Puissances ne seraient pas prêtes à se plaindre ni aujourd'hui, ni dans les vingt prochaines années. Elles le feraient peut-être après que le monde se sera transformé dès lors que l'on sait que c’est seulement maintenant que des «excuses» commencent à venir après la colonisation ou l'esclavage. Sauf que le mal aura été fait.

D.DADEI.

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