La Snél et la Régideso ont failli, Tshisekedi réclame au plus vite d’autres opérateurs
  • mar, 22/12/2020 - 13:08

KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1512|MARDI 22 DECEMBRE 2020.

La Snél et la Régideso ne sont plus la solution pour le Congo et les Congolais. Il y a longtemps voire très longtemps que ces deux entreprises ont failli. Des quartiers entiers, des communes entières sont, depuis des années, sans eau, ni électricité. A Binza-UPN, par exemple, au quartier Télécoms, nul ne se rappelle à quand remonte une goutte d’eau. Tout le monde s’est mis au forage des puits ou à la fourniture d’eau par camions citerne.

Le Président a pris acte. Il veut donner un coup d’accélérateur au processus de libéralisation du secteur de l’eau et de l’électricité en veilleuse malheureusement depuis cinq ans. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a reconnu lors de son discours sur l’état de la Nation, le 14 décembre, devant le Congrès, que la Régideso et la Snél devenues sociétés commerciales paraissent insuffisamment outillées pour continuer à desservir les R-dCongolais.

L’Autorité de régulation du secteur de l’électricité, opérationnelle avec des animateurs patentés, devrait veiller, selon le chef de l’Etat, «à ce que la libéralisation du secteur de l’électricité se déroule aussi bien efficacement que dans l’ordre». L’ordre, c’est ce qui a longtemps fait défaut dans le secteur de l’énergie dans le pays. Le COPIREP, le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques, autrefois sous la férule d’un certain... Sylvestre Ilunga Ilunkamba, a reconnu que la Snél autant que la Régideso jouissait à tort du monopole dans le secteur d’activités.

Hélas, la libéralisation est restée à quai, en dépit de la publication de nouveaux codes sur l’électricité en 2014 et sur l’eau en 2015. Le chef de l’Etat de l’a dit, ce n’est plus que du jadis le monopole, les deux sociétés étant désormais reconnues incapables d’«anticiper les exigences de la démocratie galopante d’aujourd’hui et la multiplication de nos cités et de nos villes qui ont fini de prendre de court nos infrastructures insuffisantes et vieillissantes».

Pourtant, que des projets des mini-centrales autour de la capitale Kinshasa, restés sur papiers à cause… du désordre de l’Etat. La rivière Inkisi qui arrose la bourgade de Kisantu, au Kongo Central, à une centaine de kilomètres de Kinshasa, regorge de capacités hydro-électriques exploitables. Septembre 2019, l’Etat signe un protocole d’accord sur le développement d’un projet hydro-électrique sur Inkisi avec M. Zhou Yuefei, président de la société Sichuan Huafei Energy Investiment, développeur du projet.

Depuis plus rien. Sichuan Huafei est mise en attente. Pourtant, la firme chinoise est des plus sérieuses au monde. Elle est présente en Chine, au Népal, au Laos, etc., en Amérique du Sud, et compte 32 sociétés holding et actionnaires. Ses ressources en énergie hydroélectrique contrôlées sont supérieures à 5.000 MW. Sichuan Huafei Energy a soit construit soit investi dans plus de 70 projets des centrales hydroélectriques.

CENTRALE DE KINSUKA.
Autres projets des centrales hydroélectriques «de proximité», le ministère des Ressources hydrauliques et Electricité, avait annoncé pour 2020, la construction d’une centrale hydro-électrique à Kinsuka, banlieue ouest de la Capitale, à hauteur de l’île de Kwidi. Le projet est PPP, Partenariat public-privé.

L’Etat via la Snél Sa et la firme Great Lake Energy, GLE, qui développe un projet similaire dans la région de Ruzizi, au Sud Kivu. GLE est en pourparlers avec un conglomérat industriel chinois, le Kenyan Industrial Promotion Services IPS et le Norvégien SN Power. Cependant, Great Lake Energy se fait déjà un souci : la sécurisation du site pendant sa construction et durant la période son exploitation.

La confusion endémique qui gangrène les affaires foncières ne porte pas seulement sur la terre ferme. Quasiment, toutes les îles de la région de Kinshasa ont connu un lotissement pour la plupart ombrageux. Mais Great Lake Energy fait prévaloir son projet : la future centrale de Kinsuka aura une capacité installée de 200 mégawatts (MW), soit l’équivalent de la capacité énergétique que le complexe d’Inga I et II expédie à Kinshasa. La centrale de Kinsuka serait donc plus puissante que celle de Zongo II (150 MW) dans la province du Kongo Central, à près de 250 km de Kinshasa.

Cette centrale est censée résorber le déficit chronique sur le réseau interconnecté de la Snél, dans la desserte de la banlieue de Kinshasa et de sa périphérie. Les travaux sur les ouvrages de cette centrale comprenant le barrage avec trois groupes, la galerie d’amenée, le puits d’équilibre, la chambre des vannes, l’usine et le canal de restitution, ont été exécutés à près de 100%.

Les lignes d’alimentation du chantier et la liaison d’interconnexion Zongo I et II sont également réalisées à 100%, en passant par la construction des 34 fondations des pylônes sur les 159 de la ligne Zongo II et Kinsuka à Kinshasa, longue de quelque 200 km.

Dans le cadre de ce projet, la Snél Sa fait état des travaux additionnels concernant notamment l’agrandissement du poste de Zongo II avec une usine secondaire en prévision de la construction de la ligne Zongo II-Inkisi (60 km), l’augmentation de la capacité de transit de la ligne Zongo II-Kinsuka de 225 à 400 MW, ainsi que l’agrandissement et la construction d’une salle de commande au poste de Zongo 1 (75 MW).

Le projet Zongo a été financé à travers un accord de prêt de l’ordre de 360 millions de US$ entre le Congo et la chinoise Exim Bank. Les premiers essais du nouveau barrage hydro-électrique de Zongo II se sont avérés concluants avec l’injection, début septembre 2017, de 37 MW sur le réseau de Kinshasa, renseigne le ministère de l’Énergie et des Ressources hydrauliques.

Mais il appert que le dossier se serait politisé. Des caciques de l’ex-régime Kabila feraient du grenouillage pour l’exploitation de Zongo II. Autant pour Inga III. Le régime d’alors avait conclu un accord avec un groupement sino-espagnol. Son successeur avait ouvert le projet à d’autres développeurs.
POLD LEVI MAWEJA.


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