- ven, 25/09/2026 - 14:57
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1676 | JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026.
Tenke Fungurume Mining, TFM bis repetita ? Ça l’y ressemble. Américains (et Canadiens) se sont, de nouveau, essoufflés au bout d’un peu plus de cinq ans seulement à Bisie, important gisement et mine industrielle d'étain, de niobium, manganèse, diamant et or, situés dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, troisième plus grand site au monde d’exploitation de l’étain.
Et pas seulement au Nord-Kivu, où Amphamin Bisie Mining-SA, ABM-SA, s’est installée.
Voilà qui rappelle l’épilogue aventure anglo-saxonne dans TFM au bout d’à peine sept ans d’exploitation, les co-actionnaires majoritaires, la société américaine Freeport-McMoran vendait, en 2016, pour 2,65 milliards de $US au chinois CMOC, et le Canadien Lundin Mining cédait ses 30% des parts au Fonds d’investissement chinois, BHR Partners, pour 1,1 milliard de $US, en prenant au dépourvu l’État congolais avec ses petits 20% d’actions.
RÉDUCTION DU CAPITAL.
L’Assemblée générale extraordinaire de la société ABM-SA, tenue le 3 septembre 2026, a levé l’option de réduire son capital social dans les proportions de l’artisanat, de 107,97 millions de $US à 21,74 millions de $US correspondant à 20% des parts initiales. La société, redoutant visiblement de perdre tout crédit, a compressé la valeur nominale des actions, de 293 $US à 59 $US par action. ABM-SA soutient que cette «réduction du capital n’est pas motivée par des pertes », mais ne dit rien de la réelle motivation. En une année, le capital d’ABM-SA a croulé comme une simple coopérative minière.
Au 31 décembre 2020, alors que la firme ABM-SA était opérationnelle depuis le dernier trimestre 2019, la Cellule technique de coordination et de planification minière,CTCPM, notait que son actionnariat était composé de Alphamin Resources Corporation avec 85% des parts contre 10% à International Data Corporation of South Africa et 5% pour l’État congolais.
Si son actif principal et opérationnel est (était) situé à Bisié, Alphamin Resources Corp. est, par contre, une multinationale dont le siège social est basé à Maurice (Grand Baie) et ses actions cotées à la Bourse de Toronto, TSX-V, au Canada et à la Bourse JSE, à Johannesburg en Afrique du Sud. Tremont Master Holdings, TMH, un véhicule d'investissement lié au fonds américain de capital-investissement Denham Capital, y détenait environ 57 % des parts.
Mais suite à la troisième guerre rwandaise d’invasion sous couvert de la rébellion de l’AFC/M23, mi-mars 2025, Alphamin Bisie Mining annonce une suspension de ses activités. Trois mois plus tard, Tremont Master Holdings, TMH, vend 56% de ses parts au groupe émirati International Resources Holding, IRH, pour près de 367 millions de $US. Tremont ne conserve plus que 0,8 % du capital de la société minière.
Trois mois plus tard, début septembre 2025, la société Alphamin Bisié Mining-SA écrit depuis son siège de Goma (sous occupation), dans la commune éponyme, au n°160, avenue Corniche du quartier Les Volcans, au Cadastre minier, CAMI, sa volonté de renoncer au permis de recherche, PR n°5266, couvrant 42 carrés miniers soit 3.567,9 ha ou 35,7 km2, soit plus de dix-sept fois plus vaste l’État de Monaco. Le 9 octobre 2025, le CAMI donne son avis favorable.
Le PR n°5266 a, depuis, été transformé en un permis d'exploitation, PE, n°13155 pour l'étain et l'or. Ce permis est valide jusqu'en 2045. Curieusement, dans son arrêté ministériel n° 0373/CAB.MIN.MINES/012018 du 24 avril 2018, donc sept ans plus tôt, le ministre des Mines Martin Kabwelulu Labilo indique qu’Alphamin Bisié avait hypothéqué ce PE n°13155 au bénéfice de la société Computershare Trust Company of Canada. Selon London Metal Exchange, LME, la tonne de l'étain sur le marché mondial se situe autour de 54.450 $US, marquant une forte progression par rapport à 2025 oscillant entre 33.000-34.000 $US. Le marché profite d’une forte demande liée à la transition énergétique et à l'industrie électronique, combinée à des tensions sur l'offre mondiale.
Et la Banque mondiale anticipe une consolidation du prix de l’étain à un niveau élevé en raison de l'augmentation des usages technologiques de l'étain (soudure, composants électroniques, énergies renouvelables). Alphamin Bisié mining-SA se réduit en peau de chagrin alors que le gouvernement congolais espère plus des investissements directs américains dans le cadre du contrat troc «Minerais stratégiques contre Sécurité». Fin avril 2026, la firme Copper Intelligence Inc. qui détient les droits sur le projet cuprifère de Butembo, annonce l’entrée au sein de son conseil d’administration, d’Enrique Prado dit Ric, un ancien commando d’une unité des forces spéciales américaines engagée dans des combats de la jungle, qui a également travaillé pour la Central Intelligence Agency, CIA. Dans l’opinion, l’on croit que les États-Unis ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Surtout qu’à la même période, John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme et du renseignement financier, a averti que « le département du Trésor n’hésitera pas à prendre des mesures contre les groupes qui empêchent les
États-Unis et leurs alliés d’accéder aux minerais essentiels à notre défense nationale ». Washington avait même lancé un ultimatum jusqu’au 15 juillet 2026, aux troupes rwandaises pour quitter le Congo. Mais..., sur le terrain, rien de concret. Les Chinois sont aux aguets.
POLD LEVI MAWEJA.





