- lun, 19/10/2026 - 12:09
KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
Le Soft International n°1679 | LUNDI 19 OCTOBRE 2026.
Déjà via les différents partis politiques notamment ceux représentés dans les deux chambres parlementaires, la classe politique, dans la quasi unanimité, s'est levée contre l'annonce à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, de la naissance d'un énième mouvement politico-militaire, le Front pour la Refondation de la Nation, FRN, qui désormais remplace les deux rébellions qui ont pris les deux grandes villes du Nord et Sud-Kivu et règnent sur les secteurs miniers de la partie orientale du pays.
Désormais, ce sont les députés nationaux eux-mêmes via leurs vingt-six caucus - qui réunissent chacune les députés d'une même province - de prendre la parole face au FRN, présidé par l'ancien président Joseph Kabila.
Dans une déclaration rendue publique samedi 17 octobre sur les marches du Palais du Peuple, le siège du Parlement, à Kinshasa, les présidents des vingt-six caucus des députés nationaux du Congo ont fait part de «leur stupéfaction et (de) leur indignation» face à cette initiative, qu’ils présentent comme «la création d’un mouvement armé visant à conquérir le pouvoir par la force, en violation de l’ordre constitutionnel en vigueur».
Les vingt-six présidents s’interrogent «sur la démarche de l’ancien chef de l’État, qui a exercé pendant dix-huit ans les fonctions de commandant suprême des Forces armées de la RDC».
Ils estiment que cette initiative risque d’aggraver la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays, de menacer d'avantage la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, de fragiliser la cohésion nationale et de freiner le développement».
«L'INACTION CONSTITUE UN CRIME».
Ils «rejettent, avec la plus grande fermeté», «cette nouvelle milice», et dénoncent la stratégie du Rwanda consistant à présenter « l’agression comme un conflit intra-congolais afin de masquer sa responsabilité présumée».
Ils appellent «l’ensemble du peuple congolais, au-delà de leurs divergences politiques et de leurs appartenances régionales, à refuser toute adhésion à cette initiative et à se mobiliser pour y faire barrage par tous les moyens de résistance».
Ils accusent le FRN de viser la conquête du pouvoir par la force, en dehors du cadre constitutionnel.
De son côté, André Mbata Betu Kumesu Mangu, député national UDPS-Tshisekedi, élu de la circonscription de Dimbelenge, Kasaï-Central, secrétaire permanent de l'USN, l'Union Sacrée de la Nation et porte-parole de la plateforme présidentielle, a appelé vendredi 16 octobre, à une mobilisation générale contre l'ex-président de la République et son FRN. Un « appel à la mobilisation générale pour la défense de la Patrie ».
Dans une note circulaire (n°001/USN/SEC. PERM/MBMA/2026) datée du 16 octobre 2026, dont copie adressée au Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au titre de Haute Autorité Politique de l’Union Sacrée de la Nation, aux membres du Présidium de l’USN, aux membres de la Conférence des Présidents de l’USN, avec pour objet «appel à la mobilisation générale pour la défense de la Patrie», l'Honorable Député national André Mbata Betu Kumesu Mangu, appelle les partis membres de l'USN, les présidents de ses conseils provinciaux ainsi que les gouverneurs de province, d'organiser, avant la fin du mois d'octobre, des déclarations solennelles et des manifestations publiques « pacifiques » à Kinshasa, dans les provinces et dans la diaspora.
Il écrit notamment :
«La Nation congolaise a tristement suivi la sortie médiatique de M. Joseph Kabila Kabange, ancien Président de la République condamné à mort pour haute trahison, fondateur et commandant en chef de AFC/M23 qui, après tous les reniements de ses complices, a finalement été forcé de se dévoiler en décidant de prendre lui-même la direction de l’agression de son propre pays dans le cadre de ce qu’il a mis sur pied et honteusement appelé «Front pour la Refondation de la Nation», FRN, pour servir ses intérêts, les intérêts du Rwanda ainsi que ceux de leurs allies.
La réforme constitutionnelle à laquelle le peuple congolais appelle de tous ses vœux devrait notamment prescrire qu’un ancien Président de la République condamné à titre définitif ou qui prend les armes contre son pays ne puisse pas se prévaloir de la qualité de sénateur a vie».
Puis : « Tous unis comme un seul homme derrière SEM Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo que nous avions démocratiquement et constitutionnellement élu pour présider à notre destinée et bâtir, au cœur du continent africain un Congo fort, uni et prospère après 18 ans d’imposture et de gouvernance chaotique de M. Joseph Kabila Kabange, Nous avons à la fois le droit et le devoir sacré de défendre notre pays et son intégrité territoriale».
Invoquant les articles 61 et 64 de la Constitution, la note circulaire explique que ces dispositions obligent les Congolais à se «lever pour mettre fin à l’aventure du pyromane et du récidiviste Joseph Kabila Kabange qui revient sur les lieux de ses crimes en vue de parachever son entreprise criminelle de pillage de nos ressources naturelles, de vol, de viol et de balkanisation de notre pays à son profit personnel et à celui d’autres « aventuriers de la mort au service du Rwanda » regroupés au sein du FRN».
Puis : «Pour contrer les agresseurs, leurs marionnettes et toutes les forces occultes derrière l’agression, le Secrétariat Permanent de l’USN vous prie de prendre toutes affaires cessantes les dispositions qui s’imposent afin de vous mobiliser contre l’axe du mal représenté par le rebelle Joseph Kabila Kabange, ses parrains, ses complices et tous les autres traîtres à la patrie.
Nous avons également le devoir patriotique de montrer au monde et à ceux qui pouvaient encore en douter, que le peuple congolais reste résolument engagé derrière son Président, SEM Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et qu’il se battra jusqu’à la victoire finale pour préserver son unité, son indépendance et l’intégrité de son territoire contre l’agression du Rwanda et de ses allées dont M. Joseph Kabila Kabange est devenu le porte-étendard».
Enfin, le Secrétaire Permanent de l'USN de conclure : «Tous les citoyens congolais sont appelés à rester soudés et vigilants derrière le Père de la Nation, SEM Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour continuer à soutenir les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, FARDC, la Police Nationale Congolaise, PNC, et les vaillants patriotes Wazalendo afin de dénoncer et de combattre tout acte subversif et toute personne ayant choisi le mauvais côté de l’Histoire en se joignant à M. Joseph Kabila Kabange et à ses alliés ligués contre la mère-patrie.
Dans les circonstances actuelles de l’agression, chaque congolaise et chaque Congolais devrait clairement prendre position, y compris ceux qui avaient au départ exigé leur présence au dialogue national, car le silence ou l’inaction constituerait un crime».
Au Sénat, le président de la chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a accusé, mardi 13 octobre 2026, Joseph Kabila, de défendre des intérêts contraires à ceux du peuple congolais. Lors d’une séance plénière du Sénat, il a appelé les sénateurs à soutenir le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et la population à accompagner le processus de dialogue national pour le retour de la paix.
« Aujourd’hui, l’histoire lui donne raison », a-t-il déclaré Jean-Michel, allusion à mille déclarations faites dans le passé par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo accusant son prédécesseur d'être derrière la crise sécuritaire dans les Kivu.
Le président du Sénat a qualifié Joseph Kabila de « véritable ennemi et adversaire résolu des intérêts du peuple congolais ».
ALUNGA MBUWA.





